Perche. Crimes d'antan : ce paresseux qui ne travaille pas

L'affaire est relative à des vols qualifiés commis dans le courant des mois de septembre et octobre 1905.

Dernière mise à jour : 14/01/2013 à 14:17

Septembre et octobre 1905, de nombreux vols sont commis dans l'arrondissement de Mortagne.
Septembre et octobre 1905, de nombreux vols sont commis dans l'arrondissement de Mortagne.

Au début de l’audience du mercredi 10 janvier 1906, le président des assises fait, auprès des jurées, un appel en faveur de la Société de protection de l’enfance abandonnée ou coupable, que préside M. Voisin.
Les faits
L’affaire est relative à des vols commis, dans le courant des mois de septembre et octobre 1905, dans l’arrondissement de Mortagne par les nommés Léon-Paul Champbois, âgé de 26 ans, né le 15 janvier 1897 à Saint-Germain-de-Martigny, journalier à Saint-Ouen-de-Sécherouvre ; et Ulysse-Camille-Félix Desbleds, âgé de 33 ans, bûcheron, né le 4 octobre 1872 à La Ferrière-au-Doyen.
Il résulte de l’information que les deux accusés ont commis les vols suivants :
1° au préjudice de M. Maillard, à Saint-Aquilin-de-Corbion, du linge et des effets d’habillement, avec circonstances aggravantes de nuit, d’escalade, d’effractions intérieur et extérieur ;
2° au préjudice de M. Bellanger, à Saint-Agnan-sur-Sarthe, des effets d’habillement et des lapins ; chez la même personne, une certaine quantité de cidre, avec circonstances aggravantes ;
3° au préjudice de M. Lefèvre, à La Ferrière-au-Doyen des couvertures et autres objets, avec circonstances aggravantes de nuit, escalade et effraction, usage de fausses clés, de maison habitée, les deux accusés ayant agis de concert.
Interrogatoire
Le président.
- Accusé Champbois, vous savez quelles sont les charges qui pèsent contre vous, vous avez d’ailleurs passés des aveux complets. Vous vous reconnaissez l’auteur des trois vols en questions ?
- Oui, M. le président.
- Et vous, Desbleds, vous reconnaissez avoir participé à ces divers vols avec Champbois ?
- Oui, M. le président.
- Vous avez été soupçonnés d’autres vols, vous avez déclaré ne pas en être les auteurs, la justice n’a pas cru devoir poursuivre pour ces vols. Je dis ceci à titre d’indication, seulement. Vous reconnaissez aussi avoir amassés les objets soustraits dans une espèce de cabane déserte au milieu du bois ?
- Oui, M. le président.
- En présence de nombreux vols commis dans la contrée, la gendarmerie a fait des recherches, on a entendu les personnes volées qui ont reconnus leurs objets dans ceux que vous aviez en votre possession. Est-ce exact ?
- Oui, Monsieur.
- Je dois, pour donner la physionomie morale des deux accusés, faire connaître leurs antécédents. Champbois a deux condamnations à un mois de prison pour vol ; à la première de ces condamnations, il avait bénéficié de la loi de sursis ; quant aux renseignements fournis sur son compte, ils sont des plus mauvais : Champbois passe pour un paresseux, ne travaille jamais, ne vivant que de rapines, pour un homme violent, dangereux, d’une moralité suspecte, redouté dans le pays et vivant en marge de la société.
En ce qui concerne Desbleds, les renseignements sont meilleurs ; il n’a pas d’antécédents judiciaires, mais il passe pour un paresseux et un querelleur.
A suivre…