Mortagne-au-Perche. Le directeur de l'hôpital prend sa retraite : un bâtisseur s'en va
Retraite méritée pour Patrick Chatel qui a « réussi la mutation du centre hospitalier ».
Patrick Chatel achève sa carrière professionnelle après quarante-trois ans et demi de vie hospitalière. Et treize années aux commandes de l’hôpital de Mortagne-au-Perche. Le natif de La Chapelle-d’Andaine a toujours exercé dans son département de naissance. Il revient sur ses années de bâtisseur.
Carrière dans l’Orne
Arrivé dans la capitale ornaise du Perche en 1999, Patrick Chatel met un terme à une carrière débutée au bas de l’échelle, comme auxiliaire de bureau, au centre hospitalier de La Ferté-Macé. C’était en novembre 1969. L’Ornais aura gravi tous les échelons pour arriver au sommet de la hiérarchie d’un directeur d’établissement, dans la cité Alain.
Comme il le dit lui-même avec le sourire — « Je ne suis pas le régional de l’étape, je suis le départemental de l’étape » -, Patrick Chatel a fait le choix de vivre toute sa carrière dans le département. Après avoir passé le concours d’adjoint des cadres, il exercera au centre hospitalier d’Alençon en mars 1976 ; adjoint au directeur du service économique, il s’occupera de la première tranche des travaux de restructuration de l’hôpital alençonnais. En 1980, il est nommé chef de bureau.
Octobre 1983. Grâce à la nomination interne, il a pris un poste de directeur interne des services économiques du centre hospitalier de Domfront, et a été nommé directeur en 1987 jusqu’en 1995, année de la fusion des établissements de Domfront et La Ferté-Macé. Il deviendra directeur adjoint du site domfrontais dans le cadre du Chic des Andaines.
La chirurgie, le tournant
Deux ans plus tard, il émet le souhait de retrouver un poste de chef d’établissement : il prendra la direction de Sées jusqu’en 1999. Date à laquelle il pose ses valises dans le Perche. Il en partira treize ans plus tard, en ayant également assuré la direction commune avec Bellême.
A son arrivée, un gros chantier l’attendait : « Il y avait un gros travail de réflexion sur l’avenir de l’établissement ». Et sur la continuité ou non de la chirurgie et du bloc opératoire.
« Cette réorientation a été salutaire. De toute façon, la chirurgie de Mortagne, comme dans d’autres villes de France, a été appelée à disparaître, par manque de praticiens et pour répondre aux normes de sécurité. »
« Nous avons travaillé avec le personnel de la communauté médical et le président du conseil d’administration, le maire de la cité administrative. Nous avons décidé de réorienter l’activité du centre hospitalier sur des activités qui sont celles d’aujourd’hui : service des urgences, médecine nécessaire, alcoologie, personnes âgées et quinze lits d’utilité d’Alzheimer. » Autant de services qui tournent « à plein régime ».
Patrick Chatel se dit « fier » de cet établissement qui compte aujourd’hui 350 employés et 330 lits. Et fier de la manière dont ont été menées les restructurations : « Sans casse sociale, sans suppression de postes et dans un dialogue social permanent ». Plus de 20 millions d’euros y ont été investis depuis qu’il en a pris les rênes.
« Un maire pugnace »
Pour l’exercice 2011, l’établissement est à l’équilibre financier. Et ce, grâce « à une gestion rigoureuse, un partenariat avec les personnels médicaux et les cadres de santé. J’ai travaillé en parfaite symbiose avec les deux présidents de CME (commission médicale d’établissement), les docteurs Chantal Suzanne et Didier Roland-Billecart, et je tiens à les saluer », insiste-t-il.
Le directeur en profite également pour témoigner de sa reconnaissance à Jean-Claude Lenoir, sénateur maire, qui lui a fait entièrement confiance et avec lequel il a apprécié de travailler : « M. Lenoir est pugnace. Quand on lui confie un dossier, il sait aller jusqu’au bout pour le mener à terme ».
Le sénateur maire lui rendra certainement la pareille ce jeudi 13 septembre pour la cérémonie de départ, au Carré du Perche, pour une retraite méritée. Marié et père de deux enfants, qui évoluent dans le secteur hospitalier, Patrick Chatel espère découvrir de nouvelles contrées. Première destination : Saint-Pétersbourg.