Mortagne-au-Perche. L'Hôtel de ville, trésor de la commune

Jean-Claude Lenoir, sénateur-maire de Mortagne-au-Perche n'est jamais à court de détails et d'anecdotes lorsqu'il s'agit de raconter l'histoire de l'Hôtel de ville.

Publication : 01/08/2012 à 12:00

L’hôtel Erambert date du XVIII ème siècle. Il abrite la mairie depuis les années 1830.

L’hôtel Erambert date du XVIII ème siècle. Il abrite la mairie depuis les années 1830.


Le bâtiment de l’hôtel de ville de Mortagne-au-Perche renferme une histoire prestigieuse, vieille de nombreux siècles. Jean-Claude Lenoir, maire de la commune depuis vingt-trois ans, en connaît tous les secrets. Passionné d’histoire, le premier magistrat a débuté dans la vie active en tant qu’enseignant dans cette discipline.  «Il m’apparaît important de réveiller ces belles pages qui ont été écrites par nos prédécesseurs. Notre histoire est si riche, comme en témoigne ce magnifique patrimoine que nous nous attachons à entretenir et à restaurer». Ainsi à chaque réception, il ne manque pas de partager quelques anecdotes avec ses hôtes. En voici quelques morceaux choisis.
Depuis 1838, la mairie est abritée dans l’ancien hôtel particulier qui fut, dès sa construction au début du XVIII ème siècle, la résidence de Charles-Jacques Crestien, seigneur de Gallais, capitaine des Chasses de la province du Perche et maître des Eaux et Forêts, «dont le Comte était, il faut le rappeler, le Roi de France», précise Jean-Claude Lenoir. Cet hôtel fut vendu par Jacques Crestien, son fils, en 1782, à Laurent Benoist Erambert, riche négociant qui adopta les idées révolutionnaires et spécula sur la vente des Biens Nationaux. Le fils de L. Erambert vendit la propriété à la Ville de Mortagne.  

Evolution progressive

De sa disposition d’origine, cet hôtel garde un escalier à rampe et balustres en fer forgé ainsi que de belles pièces, dont la salle de compagnie, aux boiseries Louis XV (classées à l’inventaire des monuments historiques). Cette salle est aujourd’hui le bureau du Maire, après avoir été pendant longtemps la Salle du conseil municipal. La cour d’honneur, encadrée par deux ailes construites dans les années 1850, dont l’une abrite la Salle des Fêtes.
Le bâtiment principal a accueilli pendant longtemps tous les services de la Mairie, regroupés, très à l’étroit, dans la salle d’accueil. C’est en 1973 que la Mairie s’est installée dans l’aile gauche, où se trouvait auparavant l’école maternelle de la Ville. Un programme de restauration de toutes les pièces du bâtiment central a été engagé il y a une dizaine d’années, sous le contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France.

Avant 1836

«Il faut rappeler que la plupart des villes, dont Mortagne-au-Perche, ont été dotées de municipalités dès la fin du XVIIIème siècle, quelques années avant le début de la Révolution. Elles exerçaient des fonctions relativement modestes et assuraient surtout un lien avec le pouvoir central, qui en désignait les membres, dont le Maire», explique le fin connaisseur de sa région et des attributs de sa fonction. La première municipalité siégeait rue Ferdinand de Boyères, dans un bâtiment qui devint plus tard l’Hôtel du Perche.
«Avec la Révolution, les choses ont beaucoup changé». Les municipalités sont dotées de pouvoirs plus importants et les communes se superposent aux paroisses. Il est alors décidé de construire une Mairie. Celle-ci s’élevait sur l’actuelle Place du Général de Gaulle, en face de la Poste. L’édifice a rapidement présenté des désordres et il a fallu se mettre à la recherche d’une solution pour abriter la « maison commune ». «Nous sommes dans les années 1830 et, par chance, l’Hôtel Erambert est à vendre. Nous ne saurions jamais trop féliciter la municipalité de l’époque d’avoir pris la décision de l’acquérir», conclut-il avec fierté.

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