Mortagne-Au-Perche Perche. «Il fait subir à sa mère ce qu’il a subi», trois ans de prison

Publication : 26/06/2012 à 14:15

palaisdejustice-630x01.jpg«Je ne voulais pas qu’il l’atteigne.» Le 25 avril dernier, dans un foyer du Perche ornais, le cendrier a pourtant été jeté en direction de la mère du jeune prévenu de 20 ans qui comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Alençon, jeudi 14 juin, pour violence avec usage d’une arme.

«Mettre fin à la tyrannie»

«Ce fut un effort pour cette mère d’aller porter plainte contre son fils. Mais ces faits de violence se sont renouvelés dans le temps et se sont aggravés. Cette plainte visait à mettre fin à la tyrannie de ce fils sur lequel la mère n’a plus d’emprise mais qui doit cependant se comporter avec respect vis-à-vis d’elle», annonce l’avocat de la partie civile.
La présidente annonce que la mère «vit dans la crainte perpétuelle de son fils. Elle a peur de lui et ne veut plus qu’il revienne chez elle».
Une expertise psychiatrique du jeune homme évoque «des difficultés à repérer les niveaux hiérarchiques avec sa mère qu’il ne considère pas comme telle. Il lui fait subir ce qu’il a subi plus jeune».
Un argument que l’avocate de la défense exploite. «De manière inconsciente, il en veut à sa mère pour la violence qu’il a subie par un ancien compagnon de sa mère». Elle évoque «des carences affectives» chez son client qu’elle explique par le fait qu’il est «né de père inconnu. Il en veut aussi à sa mère car elle n’a jamais voulu lui communiquer l’identité de son père. Elle s’est, en outre, coupé de ses parents. Il a donc grandi sans père, ni grands-parents et n’a pas trouvé de père de substitution pendant son enfance».

«Sans père, ni grands-parents»

Elle pointe du doigt «les déménagements successifs pendant son enfance ce qui fait qu’il n’a pas pu se construire dans un lieu fixe».
Enfin, jeune papa d’un nourrisson décédé à six mois, le prévenu «regrette que sa mère n’ait jamais essayé de jouer un rôle de grand-mère». Et l’avocate de conclure : «les faits sont regrettables mais il ne veut plus aucun contact avec sa mère».
Le tribunal a condamné le jeune homme à trois ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant 18 mois ainsi qu’aux obligations de soins, de travail et à l’interdiction d’entrer en contact avec sa mère.

61400 Mortagne-Au-Perche, France

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