Perche. Législatives : Véronique Louwagie succède à Jean-Claude Lenoir, «c’est la victoire de la proximité»

Publication : 20/06/2012 à 11:34

Après l’annonce des résultats par le maire, à gauche, Jean-Claude Lenoir félicite celle qui lui succède.

Après l’annonce des résultats par le maire, à gauche, Jean-Claude Lenoir félicite celle qui lui succède.



En remportant ces élections législatives avec 60 %, Véronique Louwagie a bluffé Jean-Claude Lenoir. Il le dit lui-même : « Je suis admiratif car elle fait un score encore meilleur que Nicolas Sarkozy à la présidentielle ». Heureux de « transmettre le flambeau à une élue de L’Aigle », l’ancien député devenu sénateur peut se satisfaire de voir que la deuxième circonscription est la seule de l’Orne à rester à droite. C’est le cas depuis des lustres et « cet ancrage très fort résulte sans aucun doute du travail qui a été mené sur le terrain. Un élu est jugé d’après ses résultats mais aussi son comportement », argumente celui dont le bilan l’a fait réélire dès le premier tour en 2007.

Moins de bleu, plus de rose

En substance, Véronique Louwagie estime que cet ancrage de la droite dans cette circonscription tire tout simplement ses racines « dans la satisfaction des électeurs ». Alors que le visage de la Basse-Normandie se maquille avec moins de bleu aux yeux et davantage de rose aux joues, la circonscription L’Aigle-Mortagne reste mordicus à droite, avec toutefois une nouvelle personnalité à sa tête. Tout comme elle rêvait de ces 60 % au second tour face à Souad El Manaa, Véronique Louwagie rêve sans doute d’un parcours à la Jean-Claude Lenoir et certains proches assurent « qu’elle en prend le chemin car elle en a les aptitudes ». En quelques années, elle a été élue au Conseil régional, au Conseil général et maintenant à l’Assemblée nationale.

Quel Conseil choisir ?

Cela ne va-t-il pas trop vite ? Cela ne donne t-il pas le vertige ? « Non, répond sans hésiter le nouveau député. J’aime sincèrement les gens, ils le ressentent et ma progression s’explique ainsi. Ma présence sur le terrain et ma volonté de faire avancer les choses sur notre territoire ont été fortement appréciées des habitants qui me l’ont démontré en me portant en tête de ce scrutin ». La loi sur le cumul des mandats lui impose de faire des choix et « même si je dois encore faire le point sur ce sujet avec ma famille politique, je pense que je vais laisser mon siège au Conseil régional et conserver celui au Conseil général ».
A la Région, le suivant sur la liste de droite lui succédera. Au Département, son départ provoquerait une nouvelle élection et un candidat de gauche pourrait aller siéger à sa place. Expert-comptable, Véronique Louwagie a peut-être bien fait ce calcul.

Etre dans l’opposition

Le PS a obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale et le député de notre circonscription siégera dans l’opposition. Jean-Claude Lenoir a connu cette situation jadis et il est toujours autant « surpris de lire ici ou là qu’un élu d’opposition ne sert à rien à l’Assemblée nationale. C’est évidemment faux car il est d’abord là pour porter les valeurs pour lesquelles il a été désigné. On ne dresse pas de murailles autour des élus de la minorité et lors du travail en commission nous avons en face de nous des personnes qui sont ouvertes aux bonnes idées. Au Sénat, poursuit Jean-Claude Lenoir, j’interviens souvent et j’ai déposé des amendements qui ont été votés à l’unanimité ». Véronique Louwagie affiche le même état d’esprit et « si elles respectent nos valeurs, je voterai les dispositions qui me semblent aller dans le bon sens. L’opposition dogmatique ne sert à rien ».

«Répondre aux préoccupations»

Véronique Louwagie compte œuvrer pour le territoire en faisant le pari d’un principe de base. « Les bons projets ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont d’intérêt général et ce sont ceux-là qui obtiennent des aides », pose le député. Au portage des dossiers locaux, s’ajoute le travail de législateur « pour répondre aux préoccupations de la population qui m’ont été signalées durant la campagne ». Parmi elles, l’emploi et les solutions pour faire coïncider l’offre et la demande mais aussi l’accès aux soins dans un contexte de départ massif de médecins en retraite. A chaque fois, « c’est le lien avec la population qui sera privilégié », assure Véronique Louwagie avant de préciser que tous ses collaborateurs seront installés à L’Aigle. Les pieds sur terre, les pieds sur ses terres.
Thierry Roussin

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