Bellême Internet et téléphonie : gare à l'arnaque

Des commerçants et artisans percherons se disent victimes d'une entreprise parisienne. Déplorant des pratiques commerciales déloyales dans le secteur de la téléphonie, ils ont déposé plainte auprès du Tribunal de grande instance de Bobigny (93).

14/02/2017 à 15:03 par amine el hasnaouy

Valérie Pelletier, la patronne du restaurant L'Escale à Bellême, a déposé plainte contre une société de communication parisienne. Elle aurait été victime d'une arnaque savamment orchestrée.
Valérie Pelletier, la patronne du restaurant L'Escale à Bellême (Orne), a déposé plainte contre une société de communication parisienne. Elle aurait été victime d'une arnaque savamment orchestrée.

Complètement déboussolée. Valérie Pelletier, la patronne du restaurant L’Escale, à Bellême (Orne), en a les larmes aux yeux. Elle est, selon elle, victime d’une arnaque orchestrée par une entreprise de communication parisienne. La Percheronne ne se trouve pas seule dans cette situation qui la lie par « un contrat douteux ».

Le double du contrat qui n’existe pas

Le procédé est simple. Des commerciaux démarchent des commerçants et artisans et leur font miroiter l’intérêt de regrouper leurs factures téléphoniques et Internet avec une baisse non négligeable du montant total des abonnements.

Contactée en juin 2016, Valérie Pelletier accepte de recevoir un représentant de ce groupe de communication qui va lui proposer cette offre alléchante et lui faire gagner 85 euros par mois, « ce qui n’est pas négligeable ». La restauratrice accepte, à condition de rester chez le même opérateur.

« Le commercial me fait signer un contrat, me demande un RIB et le tampon du restaurant. Il me laisse le double du contrat dans une pochette. »

Il est bientôt midi, les premiers clients arrivent, c’est le coup de bourre. Valérie Pelletier découvrira plus tard qu’à l’intérieur, pas de double de ce contrat. Seulement une carte de visite.

1 000 euros prélevés

La Percheronne souhaite revenir sur son contrat. Exige l’application de la Loi Hamon 2014 qui donne la possibilité à tout artisan ou commerçant, qui ne fait pas partie du même corps de métier que le vendeur, de se rétracter.

« Quelques jours après, je rappelle (cette société) et je demande un changement de contrat. Chose qu’on me refuse. On me dit qu’on verra en septembre. »

Fin septembre, 1 000 euros sont prélevés sur son compte. Valérie Pelletier contacte sa banque pour bloquer tout prélèvement. « Je n’ai jamais reçu le contrat, insiste-t-elle, je veux arrêter. »

En octobre, nouveau prélèvement de 500 euros. Nouveau rejet. « Le 18 novembre, un nouveau commercial est venu me voir. Mais je ne veux plus continuer. »

La gérante de L’Escale doit maintenant s’acquitter de ces 500 euros, sinon, au 23 novembre, sa ligne téléphonique est coupée.

Valérie accepte de revoir un autre commercial, plus arrangeant, qui lui rédige un avenant avec un certain nombre de remises… « Mais j’ai refusé. Je n’ai plus confiance », insiste-t-elle.

Y a-t-il une solution ?

Dans le contrat initial, elle s’est engagée pour soixante-trois mois. À 410 euros par an :

« Il fallait prendre le temps de lire entre les lignes ! On a la tête dans le guidon, on ne fait pas attention. Pour rompre ce contrat, je dois m’acquitter de la totalité, soit un peu plus de 25 000 euros. »

L’émotion est palpable. Alors qu’elle parvient à faire opposition auprès de sa banque, « l’entreprise arrive à prélever avec un autre nom ». La professionnelle ne sait plus où elle en est. « Je me demande si je n’ai pas signé une feuille vierge et ils réutilisent ma signature. »

Lui aussi démarché, Hubert Lafitte, de la société Jean Lafitte à Mortagne-au-Perche, confirme que cette offre est alléchante. Mais il se demande s’il existe réellement une solution :

« On essaie d’en sortir mais je me demande si c’est possible : on a quand même signé un contrat. »

Quand il s’agit de joindre l’entreprise, il déplore de « ne jamais tomber sur le même interlocuteur ».

De son côté, Valérie Pelletier propose que « tout le monde dépose plainte ». Chose qu’elle a faite auprès du Tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis, 93). « Et que nous fassions le nécessaire pour que la Loi Hamon s’applique et qu’il y ait une décision de justice en notre faveur. »

61130 Bellême

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