Bellou-sur-Huisne Le président du Sénat face au malaise agricole

Le président du Sénat, Gérard Larcher est venu se rendre compte sur le terrain des difficultés du monde agricole. Lundi 15 février 2016, il était à Bellou chez les Toutain.

16/02/2016 à 12:27 par lucmoriceau

Marie-Laure Toutain n'a pas caché les difficultés du monde agricole.
Marie-Laure Toutain n'a pas caché les difficultés du monde agricole.

Réveil au chant du coq pour le président du Sénat, le Républicain,  Gérard Larcher.  En visite dans l’Orne, suite à l’invitation de Jean-Claude Lenoir, sénateur, l’ancien ministre sous la présidence de Jacques Chirac a effectué une halte en tout début de matinée, ce lundi 15 février 2016 au GAEC du Haut Chêne chez les Toutain,  à Bellou-sur-Huisne.

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Guy Toutain en discussion avec Gérard Larcher.

Une exploitation de 294 hectares avec comme outil principal de production 130 vaches allaitantes, 6 taureaux producteurs, 90 taurillons par an, 150 truies naisseurs-engraisseurs, 2783 porcs gras, 7300 poulets démarrés par an, 1000 pintades démarrés par an  Le cortège  a ensuite rejoint la laiterie  Gillot-Fléchard à Saint-Hilaire de Briouze, puis l’EARL de la Hourdouillère à Faverolles chez Laurent Bisson.  L’ancien maire de Rambouillet accompagné de la sénatrice Nathalie Goulet, de la préfète : Isabelle David a pu se rendre compte des problèmes qui secouent aujourd’hui le monde agricole.  Sans langue de bois, Marie-Laure Toutain a exposé ses inquiètude face à l’avenir et surtout ses difficultés à boucler les fins de mois. En cause les charges et la vente à perte de la viande porcine et bovine. Un phénomène récurrent dans le milieu qui a donné lieu ces quinze derniers jours à des nombreuses manifestations dans le pays.

A perte

Gérard Larche en compagnie de Jean-Claude Lenoir.
Gérard Larche en compagnie de Jean-Claude Lenoir.

Cette matinée : l’occasion pour la famille Toutain de présenter son système de production et de parler de ses difficultés. Comme bon nombre d’agriculteurs aujourd’hui, les producteurs bovins et porcins travaillent à perte. Installé avec ses parents et sa femme Marie-Laure, Guillaume ne cache pas les problématiques rencontrées de nos jours. « Nous engraissons un cochon pendant cinq mois. Un bovin, quatorze à quinze mois. Ça nous coûte de l’argent. Alors que les industriels et les grandes surfaces font de la marge. » A titre d’exemple : le kilo de porc est vendu aux alentours d’1 euro. Sorti de l’abattoir, il est négocié 2,50 euros ! « Nous représentons entre 1 et 10 % du produit par rapport à ce qui est vendu en grande surface. Il y a donc 90 % de marges qui sont faites », dénonce l’éleveur qui compte sur les sénateurs pour porter leurs demandes et celles des autres exploitants auprès des plus hautes instances.

Comment vous soutenir

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Guillaume Toutain dénonce les marges des grandes surfaces et des industriels.

Le président du Sénat est venu prendre la température sur le terrain. « Le cours du porc est à 1,09 euro et nous sommes en deçà du coût de revient. Malgré la très grande qualité d’une exploitation de charolaises, la ferme va perdre 25 000 euros alors qu’elle travaille sept jours sur sept. »Et 67 000 euros de perte pour la production porcine ! Après avoir écouté attentivement, l’ancien ministre sous Raffarin a livré son sentiment : « Nous devons voir comment soutenir une année 2016 qui va être extrêmement difficile. »

Ce déplacement s’inscrit dans le prolongement des travaux menés au Sénat, depuis déjà plusieurs mois, pour rechercher des solutions à la crise profonde que traverse l’agriculture. Notamment l’élevage dont les difficultés sont liées à un problème de compétitivité. « Or, note le sénateur Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques, la loi d’avenir pour l’agriculture adoptée en 2014 était avant tout guidée par le souci de développer l’agro-écologie. Ce faisant, elle est passée largement à côté de cet enjeu de compétitivité. »

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« C’est en ce sens que nous avons adopté, le 9 décembre, une proposition dont j’étais le premier signataire, visant à redonner de la compétitivité à l’agriculture et à la filière agroalimentaire française », note le sénateur Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques.

Cette proposition de loi - « Dont certains points ont été repris par le Gouvernement », insiste Gérard Larcher – poursuit trois objectifs. Elle vise à améliorer les règles du jeu entre les différents acteurs afin de mieux partager la valeur ajoutée tout au long de la chaîne ; elle veut faciliter l’investissement et la gestion des risques ; elle a pour but d’alléger les charges et contraintes qui pèsent sur la compétitivité agricole.

Madame le préfet en bonne compagnie.
Madame le préfet en bonne compagnie.

« Les baisses de cotisations sociales annoncées le 11 février par le Président de la République font également partie des mesures que nous proposions », relève l’ancien maire de Mortagne-au-Perche. Le PIB de l’agriculture est juste derrière celui de l’aéronautique, a souligné Gérard Larche qui prévient : « Nous ne sommes plus dans le nostalgique. Nous sommes dans l’économique. » La situation est urgente. Il est temps d’agir.”. Une sortie sur fond de crise.

Du palais du Luxembourg au GAEC du Haut Chëne.
Du palais du Luxembourg au GAEC du Haut Chëne.

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