
Gérard Gouin dans les airs avec l'avion qu'il a construit de ses propres mains.
FABRIQUER son propre avion. Gérard Gouin l’a fait à la fin des années 80. Aujourd’hui son fils, Félix vole sur les traces de son père. À 26 ans, ce militaire, mécanicien dans l’aéronautique construit un avion de voltige.
Commencé il y a quatre ans ce Beryl SP 751 devrait être achevé, si tout se passe bien, dans trois à quatre ans voire un peu plus. Du moins c’est ce que pense le père.
Sept ans et
6 000 heures de travail
Menuisier de métier, ce Céronnais a mis sept ans et au moins 6 000 heures pour réaliser son Coupé JC 200. Un sacré défi. Le résultat est là. Régulièrement quand la météo le permet, Gérard prend son envol de l’aérodrome de Mortagne-au-Perche pour une sortie au-dessus du Perche et au-delà. « Au début, de savoir que je pilotais, l’avion que j’ai construit, c’est assez impressionnant. » Émouvant même.
Maintenant, il n’y prête plus attention. Il est passé à autre chose et considère presque que c’est une banalité. Reste malgré tout le souvenir d’une belle et longue aventure. « Construire son avion : un boulot de titan». Son fils a été prévenu. Mais le garçon semble aussi tenace que le père.
À seize ans, il était déjà titulaire du brevet de pilote. C’est dire la passion qu’il porte au monde de l’aviation. Logique alors qu’il se lance dans ce projet un peu fou ? Oui diront sûrement ses proches.
Avoir vu son père le faire aurait pu le décourager. Au contraire.
À partir
d’une pièce de bois
Construire son avion, plus qu’une aventure. Pensez qu’à partir d’une pièce de bois de Spruce de 9 mètres, arrivé tout droit du Canada, Félix doit ensuite, à partir de plans et de gabarits, tout découper et coller. La moindre erreur et patatras, tout est à refaire. « Nous n’avons pas le droit à l’erreur» explique le père qui cherche pourtant toujours à relativiser l’ampleur du projet. « Par moments, c’est un peu comme si on faisait de la charpente et à d’autres de la menuiserie fine et précise». Quand on sait que certaines pièces ne sont pas plus épaisses qu’un simple tasseau, difficile de croire qu’il s’agit d’un jeu d’enfant.
Ce « modélisme » à taille réelle reste une véritable prouesse. Ils ne sont pas légion ceux qui osent. « Il faut être très patient et prendre son temps. Il m’est arrivé d’avoir des moments de découragements mais tu reprends vite le dessus».
Certains abandonnent
Tout le monde n’a pas la force de caractère de Gérard Gouin. « J’en connais qui ont abandonné». Trop dur, trop difficile. Son fils n’entre pas dans ce cas de figure.
À sa main, son biplace tandem prend semaine après semaine forme. Le fuselage est quasiment terminé, la gouverne aussi. Dans l’atelier de menuiserie l’ossature de l’aile est bien avancée. « Dans ce genre d’appareil, il n’y a aucune vis, aucun écrou».
Place ensuite à l’habillage en contre-plaqué spécial et à la mise en place de la toile. Sans oublier l’installation du moteur et tous les équipements annexes et nécessaires pour prendre son envol. Puis ce sera l’homologation afin d’obtenir l’autorisation de voler de ses propres ailes.