LES braqueurs à la petite semaine du tabac près des halles de Mamers, rue Ledru-Rollin, vont pouvoir cogiter un petit bout de temps derrière les barreaux.
Les deux Pieds Nickelés du casse avorté de jeudi dernier (16 février), âgés respectivement de 18 et 19 ans ont été condamnés, en comparution immédiate, vendredi, à un an de prison ferme. Peine qui n’enlèvera pas le traumatisme subi par la gérante de ce tabac.

Le bureau de tabac situé rue Ledru Rollin a été braqué la semaine dernière.
«Je les avais repérés»
Aline a le sourire et répond aux clients. Mais le cœur n’y est pas. Dès qu’elle lâche quelques mots, sa gorge se noue. Elle pâlit.
De la panique se lit dans son regard. De la peur aussi. La peur que cela recommence. Elle se remémore alors, ces quelques secondes devenues une éternité, où deux “cow-boys” se sont mis en tête de la cambrioler.
Jeudi vers 16 h, la journée s’étale tranquillement, paisiblement, quand deux individus, décident, sans vraiment savoir pourquoi, de braquer un commerce, histoire d’occuper leur journée.
Dans un premier temps leur choix se porte sur la bijouterie du coin, et puis non, pourquoi pas la boulangerie. Celle-ci étant fermée, ils se rabattent sur le tabac. «Je les avais repérés» explique la commerçante, qui quelques minutes avant le drame avait jeté un regard dehors, du côté de l’église.«Ils étaient debout sous le porche de l’église, la capuche sur la tête».
Elle n’y prête pas vraiment attention. «Je les ai trouvés un peu bizarre. C’est tout». Elle repart à ses affaires quand brusquement la porte de son commerce s’ouvre. Les deux jeunes sont devant elle : l’un d’eux sort un pistolet factice et lui dit «¼C’est pour un braquage¼».
«Je n’ai pas eu le temps de réfléchir»
Sur le coup, la commerçante ne comprend pas. Dans une peur réflexe, elle repousse de la main l’arme pointée sur elle. Cela suffira pour mettre les deux auteurs de ce méfait en fuite. «Je m’étais toujours dit que si quelqu’un voulait me cambrioler, je ne ferais rien, je lui laisserais la caisse».
Son instinct de survie en a décidé autrement «Je n’ai pas eu le temps de voir si c’était une vraie arme, ni même réfléchi. Tout va tellement vite.».
Tétanisée par les événements, elle reconnaît «n’avoir pas pensé à appuyer sur mon alarme, située à côté de la caisse».
Pris de peur, les deux braqueurs qui ne s’attendaient pas à une telle réaction de la part de la buraliste n’ont pas demandé leur reste et ont pris la poudre d’escampette. Elle a immédiatement appelé la gendarmerie. Quelques minutes ont suffi aux représentants de l’ordre pour arrêter le premier braqueur. Le second suivra, un peu plus tard, le même chemin. La suite de l’histoire se passe au tribunal du Mans.
Alors, tout est bien qui finit bien. Pas vraiment. Surtout lorsqu’on connaît la réaction d’un des prévenus dans le box des accusés, il y a de quoi s’interroger. Par bravade peut-être, par bêtise sûrement, a déclaré que «si c’était à refaire, je le referais» Et qu’il préfère aller en prison rejoindre ses copains que de bénéficier d’un aménagement de peine.
Lire dans le Perche du 22 février