Mortagne-au-Perche. Une fuite de gaz l’éloigne de chez elle pendant quatre nuits
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Pendant dix jours, Véronique Naffrechoux n’a, ni plus ni moins, galéré à cause de cette chaudière récalcitrante.
CETTE MAMAN de deux filles, 8 et 11 ans, a vécu un véritable calvaire : pendant dix jours, elle a fui sa maison à cause d’une fuite de gaz. «Abandonnées» par la Sagim* (société d’aménagement et de gestion immobilière), elles ont dû trouver refuge à l’hôpital, chez l’employeur de Véronique Naffrechoux.
Aucune entente
Lundi 6 février. Rue Alexandre-Peau. Vers 20 heures, une odeur de gaz alerte Véronique. Sapeurs-pompiers, gendarmes et agents GRDF se rendent sur place. À 21 heures, la petite famille est évacuée. «Nous sommes allées chez une amie», raconte la Mortagnaise qui pensait que rentrerait dans l’ordre le lendemain. Mais voilà : la Sagim, Véolia (le prestataire de service) et GRDF n’ont pas réussi à se mettre d’accord.
Il a fallu que le père de Véronique intervienne. Depuis la Manche… «Il a joué aux conciliateurs pour trouver un rendez-vous.» Chose faite pour le jeudi. «Nous avons ce jour-là réintégré notre logement.»
Samedi, en rentrant des courses, Véronique est de nouveau perturbée par une odeur de gaz. Elle pense que c’est dû à la réparation et que tout rentrera dans l’ordre.
Pas d’eau chaude
Le dimanche, l’odeur persiste. Et la mère de famille appelle la société qui a pris en charge la chaudière. «Sur ses conseils, j’ai coupé la machine. Mais l’odeur était encore présente et le compteur tournait toujours !»
Lundi matin, elles sont de retour chez elles. «Il faisait 9 °C dans les pièces, nous avions froid. Nous avons installé deux radiateurs électriques : la température est montée à… 11 °C ! Sans compter que nous n’avions plus d’eau chaude», peste l’employée de la maison de retraite du centre hospitalier.
Dans la matinée, elle quitte son travail en catastrophe : «Après avoir changé une vanne, car il y avait bien une fuite, les agents sont allés prévenir le voisin qu’il fallait qu’il vienne vérifier l’installation au bout d’une demi-heure. Et ils ont dit à mes filles de ne toucher à rien ! Ma grande fille m’a appelée. J’ai trouvé bizarre qu’ils laissent mes enfants sans savoir si l’installation fonctionnait correctement ou pas». Le soir même, les trois mortagnaises réintègrent, une nouvelle fois, le logement de l’hôpital.
À qui la faute ?
Mercredi 15 février, la chaudière s’est remise en route. «En espérant qu’il n’y ait pas de nouvelles fuites. » Malgré tout, Véronique a décidé de rester loin de chez elle. «J’ai la hantise de rester chez moi.» Elle passera encore une nuit dans un appartement de fonction du centre hospitalier. «Le directeur, que je remercie, a bien voulu nous aider.» Au total, elles passeront quatre nuits éloignées de leur domicile.
En détresse, la maman est dans le flou. «Je ne sais pas à qui la faute : la Sagim ? Elle emploie des sous-traitants qui, de leur côté, se renvoient la balle. L’un d’entre eux s’occupe de la tuyauterie mais ne peut pas intervenir sur la chaudière. Et inversement.»
Toujours est-il qu’elle en veut encore à la Sagim : «Elle ne nous a rien proposées», déplore la Mortagnaise qui se souvient d’un problème similaire en 2007 : «Je trouve inadmissible ce manque de communication entre les prestataires. Franchement, il ne faut pas que ça se reproduise encore».
Amine El Hasnaouy.
* La Sagim de Mortagne-au-Perche a été contactée par téléphone. Elle a indiqué ne pas être habilitée à répondre. Elle nous a renvoyés vers son service technique à Alençon, qu’il n’a pas été possible de joindre.


