Mortagne-au-Perche. Catherine, dans la peau d’un ferronnier

La ferronnerie n’a pas laissé Catherine indifférente.
Ils s’appellent Catherine, Didier, Monique, Aurélie L., Aurélie M., Adrien, Frédérique et Véronique. En réinsertion, tous ensemble ont constitué un groupe de travail qui a mené une action auprès de métiers artisanaux «très intéressants». Une expérience mise en place par le dispositif Elan (Espace locaux d’activités novatrices), proposée par l’ISF (Institut supérieur de formation) de Mortagne-au-Perche. A l’issue de ce stage de quatre mois, les stagiaires ont monté une exposition ce mardi, à la salle des fêtes.
Retour
à la vie professionnelle
Cette initiative est ouverte à des personnes éloignées du monde du travail accompagnées par le Pôle emploi et la Mission locale. Avec des parcours aussi divers que variés : bachelière pour l’une, licenciements pour d’autres après des dizaines d’années d’activités.
Le dispositif Elan aide les personnes en difficulté à retrouver une vie sociale. Ils vont être redirigés vers un autre dispositif, Espoir, pour améliorer leur parcours professionnel.
Prise de contact, autonomie, échanges… sont autant de choses simples qui demandent énormément d’efforts à des personnes éloignées de la vie professionnelle. «Nous avons pris des rendez-vous par téléphone, expliquent les bénéficiaires. Nous avons préparé un questionnaire. Nous avons rencontré les artisans.»
Catherine (notre photo) a été fascinée par la ferronnerie et «la façon dont les ferronniers travaillaient, dans le froid, toujours dehors» : «Ils ont une certaine habileté. Quelque part, ils sont un peu artistes».
La tapisserie a épaté Didier. «C’est un métier que je ne connaissais pas du tout et qui m’a épaté. Refaire des fauteuils avec des ressorts, des clous, des tissus, c’est quelque chose d’extraordinaire.»
Monique et Aurélie L. ont été attirées par l’éco-construction. Monique : «J’ai bien aimé retourner dans le vieux système, retravailler le chanvre par exemple». Aurélie L. : «J’apprécie les maisons en bois et tout ce qui est écologique».
Pour Aurélie M., c’est la charcuterie qui a retenu son attention pour «l’imagination» : «Faire du boudin avec du pain d’épice et du foie gras ou encore du boudin noir à l’escargot et aux cèpes. Chapeau, il fallait y penser».
Si l’aboutissement a été visible à la salle des fêtes sous la forme d’une exposition, le cheminement a toute son importance. «Le déroulement, de la sélection des métiers à l’exposition, en passant par les contacts téléphoniques, les rencontres avec les gens ou encore l’écriture, aide à reprendre confiance en soi et à acquérir un savoir-faire. Le groupe a été très solidaire», assure Mme Lechat, responsable de la formation.
A.E.H.
Pratique. Le travail des stagiaires Elan peut être suivi sur internet, en allant sur le blog : http://metiersperche.over-blog.com/


