Rémalard. Margaux et Aurore dans le Cercle des Lettrés
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L’heure des récompenses pour les deux premières Lettrées et les lauréates du Quizz Allemand.
LA PREMIÈRE édition du concours d’écriture vient d’avoir lieu au collège Paul-Harel. À l’invitation du professeur de français M. Bataille, les élèves seront invités chaque mois à prendre la plume autour d’un nouveau thème. Les meilleurs textes seront récompensés et leurs auteurs intégreront le «Cercle des Lettrés».
Les deux premiers membres de ce cénacle, anoblis par leur entrée dans le Cercle, sont la Baronne Aurore de Chupachups (alias Aurore Berthou, de 4A) et la Baronne Maguie de Kyandii (alias Margaux Lambert, de 4B). Voici les textes qui leur ont permis d’être les premières à intégrer le Cercle des Lettrés. Le sujet en était : «Décrivez sans cliché une femme séduisante ou une chambre inquiétante.»
«La féminitude»,
par Aurore Berthou
Elle avait de longs cheveux noirs qui lui descendaient jusqu’en bas du dos, Margaux et Aurore elle prenait soin chaque matin de les coiffer correctement mais il restait toujours quelques mèches rebelles qui caressaient son visage.
Ses yeux étaient verts mais avaient parfois des nuances bleues, ce qui donnait un effet de brillance ou de profondeur en fonction de la lumière.
Son sourire était rayonnant et gracieux, si on osait le regardait on était soudain pris d’une envie irrésistible de le lui renvoyer même dans les moments les plus tristes.
Son cou était doux et une écharpe en soie blanche l’enveloppait soigneusement. Il se libérait d’elle un parfum enivrant, fruité et gourmand qui rappelait l’odeur des fruits de la passion et de la vanille.
Elle avait une petite poitrine mais elle savait la mettre en évidence avec des corsages constitués de tissu discret paraissant très soyeux. Ils se refermaient avec des lacets qui dissimulaient suffisamment ses seins. Ses bustiers camouflaient ses formes légères et fines et laissaient apparaître la forme de ses belles épaules. Sa peau était chaude et douce.
A ses poignets, elle portait une petite chaîne, comme celles que l’on nous offre lors des communions ou des baptêmes.
Elle portait souvent un bootcut droit qui recouvrait ses hanches et laissait percevoir le galbe de ses fesses.
Lorsqu’elle laissait deviner ses élégantes jambes, il apparaissait le long de sa cheville, une petite fée tatouée. Les traits du dessin étaient fins, légers, d’un noir bleuté qui rappelait son regard.
Sa voix était douce et en parfaite harmonie avec sa démarche.
«Secret de famille»,
par Margaux Lambert
Lorsque je franchis la porte un sentiment d’anxiété me prit à la gorge. La pénombre envahissait ce lieu qui, jusqu’alors, m’était si familier. Au-delà des ténèbres ma chambre semblait avoir subi un cataclysme. Je me saisis d’une bougie et découvris ce que je vais vous décrire à présent.
Posées sur le lit, mes peluches avaient la tête tranchée. Mon reflet dans le miroir ne m’apparaissait plus. Mes rideaux roses semblaient avoir été lacérés et bien que ma fenêtre soit fermée, un souffle les faisait se mouvoir. Des objets inconnus de moi jonchaient le sol, je n’osais m’en approcher… Était-ce le fruit de mon imagination ou la pâle lueur de la bougie qui me faisait entrevoir des formes mi-humaines mi-animales à l’endroit où précédemment un tapis coloré prenait place ? De ma commode sortaient des vêtements que jamais je n’avais vus ni portés, des vêtements appartenant à une fillette de 4 ans et, sur chacun de ceux-ci s’inscrivaient le prénom d’Angèle. Par ailleurs tous ces effets semblaient être d’un autre temps : robes en dentelles, mocassins vernis, rubans et ombrelles…
Reprenant peu à peu mes esprits, je pris conscience que ce prénom Angèle ne m’était pas inconnu. Il hantait depuis toujours les conversations de la famille. Toujours à demi-mot, toujours avec pudeur et retenue, mais malgré mon jeune âge, je pressentais que ce prénom cachait une réalité tragique et douloureuse.
N’étais-je pas, en cet instant, dans cette chambre, le témoin de ce qui était advenu d’Angèle il y a des années de cela ? Sur l’étagère, près d’un cliché de mes grands-parents, un album photos trônait. Il était ouvert et laissait dévoiler le portrait d’une petite fille vêtue d’une jolie robe en dentelle… À ses côtés, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le visage de mamie Amélie, des années auparavant, à l’époque où elle-même était enfant. La ressemblance entre ces deux fillettes était flagrante. Mamie avait donc une sœur jumelle !
Et la chambre dans laquelle je dors depuis que je suis enfant était donc celle de sa sœur disparue.


