
Virginie Legendre conseillère conjugale.
Je suis conseillère, mais je ne conseille pas finalement car je n’ai pas les clés de tout ni les recettes, la première des choses est l’écoute active, faire de la place à l’autre…» Virginie Legendre parle de son métier de conseillère conjugale et familiale, thérapeute, avec la force de celle qui a déjà plus de quinze années d’expérience derrière elle au sein de structures particulièrement pointues comme au Kremlin-Bicêtre ou à Bethléem.
L’écoute bienveillante qu’elle aime distiller, elle la fait «¼sans distinction d’âge, de sexe, de croyances, dans le respect de ce que les gens sont¼». Ses prestations, gratuites, s’inscrivent dans le cadre des missions du conseil général de l’Orne à la Protection maternelle et infantile de L’Aigle et au Planning familial du centre hospitalier de Mortagne-au-Perche.
Un premier pas
parfois énorme
Face à des souffrances qui les accablent parfois depuis longtemps et qui peuvent être très lourdes, les personnes qu’elle reçoit ont dû bien souvent faire un effort considérable pour parvenir à se confier à un tiers. «¼Mais c’est là que l’on se rend compte que beaucoup de gens sont en recherche d’une réelle écoute. Ils se retrouvent dans une impasse, démunis.¼»
L’approche de la conseillère est alors systémique : toutes les composantes de l’environnement familial sont prises en considération et de ces composantes peuvent découler les solutions.
Virginie Legendre n’hésite pas à faire aussi passer des messages : «¼Toute crise peut être salutaire¼», lâche-t-elle par exemple alors que l’on enregistre une explosion des divorces par exemple. «¼Le couple est désormais un enjeu de société, on n’attend plus la même chose d’un conjoint qu’au XIXème siècle ! On veut le maximum et tout le temps…¼»
Au thérapeute de redire alors à ses patients ce qui relève de la « normalité » dans un couple. D’où la nécessité aussi de remonter aux sources «¼car bien souvent ils ont eux mêmes les solutions¼».
Le tabou des IVG
La souffrance ne se cache pas forcément où on l’imagine. Virginie est ainsi parfois confrontée à des personnes qui ont perdu leur chat ou chien et dont la vie bascule car c’était un élément moteur de leur existence.
Plus gravement, elle se rend compte aussi à quel point les interruptions volontaires de grossesses sont encore un tabou dans notre société où règnent encore des visions limitées. «¼La sexualité, c’est l’amour, c’est aussi la notion des interdits¼», enseigne-t-elle lorsqu’elle intervient auprès des ados.
Et elle préfère d’ailleurs de loin assurer une prévention soutenue en amont, autrement plus efficace à ses yeux.
Le constat est le même en matière d’alcoolisme, de drogue, de violences conjugales, d’inceste aussi parfois. «¼Ce qui m’intéresse c’est de savoir pourquoi, à un moment, tout bascule.¼» Elle le reconnaît : «¼Il est sûrement plus difficile d’être parent aujourd’hui¼».
Dans une société où tant de besoins sont créés, les parents perdent parfois pieds face à leurs enfants, face à des adolescents dont le comportement peut déboucher sur le suicide. «¼Je leur dis que les parents ne doivent pas être des copains mais être des parents acceptables, qu’ils ne sont pas des Rambo…¼»
Avec ses diplômes, Virginie Legendre aurait pu exercer dès l’âge de 30 ans. Pourtant elle estime que ses quinze années d’expériences diverses lui ont permis d’avoir désormais un maximum de clés en main pour mieux appréhender cette profession méconnue. Une profession méconnue mais qui s’avère de plus en plus utile aux maux de la société.
Laurent Rebours
Pratique : Permanences les jeudis, une semaine sur deux, Au centre de planification du centre hospitalier de Mortagne-au-Perche de 14h30 à 18h30 ;renseignements : 02 33 83 40 39. À la PMI de L’Aigle de 8h30 à 12h30 ; 02 33 84 36 00.