Mortagne-au-Perche. La résidence des collines, “maison” des accidentés de la vie
OPÉRATIONNELLE depuis quinze mois, la résidence de la colline, qui accueille les cérébrolésés et les épileptiques, a été inaugurée par l’ancien ministre Philippe Bas. La zone de recrutement de cette «maison» est ouverte à vingt-sept départements. «Jusqu’à maintenant, les réponses apportées en terme d’hébergement n’étaient pas adaptées», a souligné Pierre-Jean Lancry, directeur de l’Agence régionale de la santé.
Humanité
Accidentés de la vie : épileptiques ou cérébrolésés du Grand Ouest de la France, adultes ou enfants, vivent à la résidence de la colline où ils sont pris en charge par des professionnels de la santé (neurologues, neuropsychiatres, médecins généralistes, infirmiers, psychologues…).
L’inauguration de la colline a donné l’occasion aux partenaires de découvrir des lieux adaptés pour les résidents.
Dans une salle avec des jeux adaptés, Clémentine s’exerce à mieux maîtriser son geste et à repousser l’impossible. Dans une chambre, avec ses affiches au mur, Olivier partage ses souvenirs. «Nous avons vu qu’il voyage beaucoup, qu’il aime le cinéma et la musique. Il a mis beaucoup de lui-même dans ce qui est devenu sa maison», dira, lors des allocutions l’ancien ministre Philippe Bas, président de l’Observatoire national de l’accessibilité. Il a rendu hommage à l’équipe soignante : «Je sais que votre métier est un métier de vocation. C’est un métier d’engagement où jour après jour, on grandit en humanité».
Générosité
Jean-Claude Lenoir a rappelé le «concours de générosité qui a permis l’éclosion de ce centre» : l’implication des bénévoles et des employés, la volonté des élus locaux, l’engagement de Philippe Bas ainsi que la maîtrise d’ouvrage confiée à Orne Habitat (premier chantier de ce genre) ont donné vie à la résidence des collines.
Les prémices de cette «demeure» datent de 2000. La visite de Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille, en 2005 a débloqué le dossier.
Alors, quand il a fallu faire venir une personnalité pour l’inauguration des lieux, le nom de Philippe Bas est revenu tout naturellement sur toutes les lèvres. Geste qui a ému l’intéressé. Paul Chaudron, ancien adjoint au maire, a lui été associé à cette réalisation, lui qui a inspiré tous les projets du site.
Créé en 1970, l’Aspec (Accueil et soins aux personnes épileptiques et cérébrolésées) gère, entre autres, la résidence de la colline. D’une capacité de trente lits, elle comprend une maison d’accueil spécialisée pour adultes polyhandicapés, souffrant d’une épilepsie active, et un foyer d’accueil médicalisé ainsi qu’une une maison d’accueil spécialisée pour adultes cérébrolésés.
Vocation
Comme l’a rappelé le sénateur maire de la cité percheronne, Mortagne-au-Perche s’engage dans de nombreuses directions et le secteur tertiaire médico-social représente beaucoup dans l’activité locale. «C’est la vocation d’une ville de développer les services dans ce domaine sans négliger, a-t-il insisté, la part industrielle.»
La résidence de la colline emploie quarante personnes. Ce qui porte à 186 le nombre de salariés de l’Aspec pour un agrément de 218 places, dont 167 en hébergement.
Saluant le travail remarquable des bénévoles et des salariés, le préfet Joël Bouchité a fait l’éloge du savoir faire local et du plateau technique qui «rendent l’établissement exceptionnel sur le plan national».
À peine l’idée de la cinquième unité de l’Aspec a-t-elle été lancée que les élus étaient déjà en train de réfléchir à une sixième réalisation, qu’ils tiennent secret. Et pourquoi pas une maison de retraite pour épileptiques et cérébrolésés ?
A.E.H.




