
En quittant son fauteuil de député, Jean-Claude Lenoir n'a pas désigné d'héritier.
Loin des yeux, loin du cœur : le 17 juin au soir cette maxime pourrait se vérifier. Depuis l’élection au Sénat du maire de Mortagne-au-Perche Jean-Claude Lenoir (UMP), la deuxième circonscription de l’Orne et plus particulièrement le Perche ont perdu un pilier de l’assemblée nationale. Et risque de se retrouver orpheline dans quelques mois.
Sans avoir désigné officiellement de dauphin pour lui succéder, le pensionnaire du Palais du Luxembourg laisse volontairement ou involontairement le champ libre à un candidat extérieur à la région. Les regards se portent tout particulièrement sur le secteur de L’Aigle.
Des Percherons
dans la course
Selon toute vraisemblance, son fauteuil au Palais Bourbon, reviendra à l’un des candidats de ce pays.
Dans une élection, rien n’est acquis à l’avance, chacun reste propriétaire de sa voix, mais difficile de croire que le divers droit Jean-François de Caffarelli, maire de Vaunoise, président de la communauté de communes de Bellême, nouveau venu sur l’échiquier parlementaire, puisse créer la surprise. Il ne semble pas avoir le charisme nécessaire.
À moins que le suppléant de l’UMP Véronique Louwagie : Vincent Segouin, maire de Bellême permette à sa chef de file de compenser le manque à gagner de voix percheronnes.
Rien n’est moins sûr. Son attitude “bling bling” comme le pensent certains ne plaide pas en sa faveur. Son élection, récente et à l’arraché à la mairie ne fait pas de lui, un ténor de la politique. Loin de là.
En apprentissage et en rodage, cet assureur de métier n’a pas les épaules assez larges pour soutenir la comparaison. Il est vrai que sa position de suppléant n’est pas des plus capitales. Tout de même.
Erreur de casting
L’UMP a, peut-être, fait là une erreur de casting. À moins que Véronique Louwagie, conseillère régionale pallie les carences de son “apprenti”.
Secrétaire fédérale de l’UMP Orne, cette femme de 50 ans conseillère générale de l’Aigle-Ouest, a pour elle, l’expérience.
Puis si, Jean-Claude Lenoir laisse parler son cœur politique, son pouls battra naturellement pour cette candidate. Une femme dans la deuxième circonscription ? Et pourquoi pas ?
À moins que Jean-Pierre Yvon, ancien suppléant du député sortant pendant quinze ans, et maire de L’Aigle soutenu par Jean-Louis Borloo en profite.
Son changement de cap sera-t-il un atout ? Sa prise de distance avec Jean-Claude Lenoir n’est-elle pas un handicap ? Car, sans porter encore à bout de bras cette deuxième circonscription, l’ancien député en détient encore pas mal de clés.
Dix-huit ans de députation : cela laisse des amitiés et pas mal de connaissances. Un bon carnet d’adresses aussi.
Reste, la Gauche avec le Front de gauche représenté par Jean-Claude Marie et le PS avec Souad El Manaa. Bien ancrée à droite cette circonscription ne va pas du jour au lendemain virer au rouge ou au rose. L’un et l’autre risquent de compter les points. Tout comme le Front National. Reste l’inconnue présidentielle qui peut bouleverser un peu la donne. Et encore.
L.M.