
Une partie de la toiture de l'église de Courthioust est bâchée : une mesure d'urgence qui nécessite des travaux rapidement.
TROIS églises à entretenir. La petite commune de Colonard-Corubert et ses 250 habitants s’en seraient bien passés. Mais comme l’explique le maire, Guy Verney «je ne veux pas être celui qui laissera s’effondrer une église. Par respect pour les siècles où elle est restée debout. Ce serait indigne».
Usées par le temps
N’empêche, la pilule a parfois du mal à passer au sein de son conseil municipal. La commune actuelle résulte de la fusion de quatre communes et possède donc aujourd’hui trois églises.
«Depuis 1905, l’entretien des églises incombe aux communes. Hors aucun gros travaux n’a jamais été réalisé. Cent ans plus tard, on se retrouve avec des édifices usés par le temps dont certains dans des situations délicates». C’est le cas pour l’église de Courthioust, interdite au public depuis peu. «Cette église a mille ans. Le toit est bâché en partie et la restauration devient urgente. L’architecte des bâtiments de France a estimé les travaux à 450 000 euros hors taxes. J’ai demandé une étude pour les travaux les plus urgents, soit la charpente, la couverture et la maçonnerie liée à la charpente, et le devis a été ramené à 321 000 euros. Encore bien lourd pour notre petite commune».
Pourtant, comme d’autres maires des environs, Guy Verney n’a pas le choix : le montage financier du dossier doit être monté au plus vite. Il va falloir trouver des aides. Pas le choix. «La commune a l’obligation de subventionner à hauteur de 20 % des travaux, soit pour ce cas présent 70 000 euros. Nous ne ferons pas plus. Nous pouvons compter sur une aide de la Drac à hauteur de 40 %. J’espère ensuite des fonds parlementaires. Sans oublier la fondation du patrimoine et nos associations locales : Les Trois cloches et Art et musique de Corubert».
“Un gouffre sans fin”
Il y a également l’église de Colonard, réalisée en 1860. «Quand il pleut, le plafond est mouillé, poursuit le maire. Et la porte doit être changée.» Et celle de Corubert qui date du 13e siècle. «L’année dernière nous avons fait refaire la toiture par une entreprise locale pour 25 000 euros, grâce à un mécénat.» Des bénévoles s’activent pour restaurer l’intérieur, «sur leurs week-ends». Cette année, la commune devrait remettre en place la cloche (actuellement déposée dans le chœur) : 5 000 euros à prévoir.
Bref, l’entretien des églises est un gouffre sans fin. «Depuis que je suis maire, tous les ans nous injectons des sommes pour la restauration des églises. Difficile à expliquer au contribuable. Surtout pour des bâtiments communaux dont nous n’avons pas la pleine jouissance (lire encadré)». Avec un budget de 250 000 euros, tout emprunt pèse lourd à la commune. «Nous avons le projet d’aménager le bourg : on ne peut décemment pas expliquer que le conseil a voté un prêt de 150 000 euros pour restaurer l’église. Mais il est évident que toutes ces sommes mises tous les ans dans ces édifices religieux ne sont pas injectées pour la modernisation de la commune».
N.L.
Dossier à découvrir dans notre édition du mercredi 18 janvier 2012.