
La ville de Mortagne-au-Perche (vue aérienne) a perdu 405 habitants, au profit des villages de la communauté de communes.
Tant attendu, le recensement de l’année 2009 a été rendu public. Selon l’Insee (Institut national des statistiques et des études économiques), la communauté de communes du bassin de Mortagne a gagné 64 âmes, passant de 13 413 à 13 477 habitants, en dix ans. Et ce, au profit de la ville centre, Mortagne-au-Perche, qui a perdu 405 personnes (4 108 habitants contre 4 513 en 1999). «Un chiffre qu’il faut relativiser puisqu’il correspond au recensement de l’année 2007», tient à préciser Jean-Claude Lenoir, sénateur maire et président de la CDC.
Le Perche. Avec 4 108 habitants en 2009 contre 4 513 en 1999, Mortagne-au-Perche a perdu beaucoup d’habitants. Quelles explications peut-on apporter ?
Jean-Claude Lenoir. «En fait, ces résultats ne sont pas nouveaux puisqu’ils découlent du dernier recensement, qui remonte pour Mortagne à l’année 2007. Je rappelle en effet que la méthode de recensement a changé. Avant, toutes les communes étaient recensées en même temps. Maintenant ce n’est plus le cas, le recensement se fait par rotation. Entre deux recensements, la population de chaque commune fait toutefois l’objet d’une estimation annuelle basée sur une extrapolation des derniers chiffres connus.
Pour ce qui concerne Mortagne, ce sont donc les chiffres de 2007 qui ont servi de base à l’estimation que l’Insee vient de communiquer. Or, en 2007, l’immeuble de l’avenue de la gare venait d’être démoli, les pavillons qui l’ont remplacé n’étaient pas encore construits et le nouveau quartier de Chartrage n’existait pas encore. Nous avons regagné des habitants depuis. Un nouveau recensement va avoir lieu en 2012. Il va permettre d’actualiser les données dont nous disposons actuellement et mettre en évidence que la population de Mortagne a augmenté.»
Pour le maire de Mortagne-au-Perche, n’est-ce pas une mauvaise nouvelle ?
«Ces résultats sont à relativiser, comme je viens de le rappeler. Cela étant, on observe de manière générale un tassement de la population dans les villes-centres. C’est une tendance qui se confirme partout, recensement après recensement. Elle s’explique en large partie par l’évolution de nos modes de vie et plus particulièrement par la diminution du nombre d’occupants par logement dans les centre-villes. Mais il faut tenir compte en contrepartie de l’augmentation de population dans les communes rurales environnantes, qui enregistrent un phénomène inverse.»
Justement, si Mortagne a perdu 405 habitants, la communauté de communes du bassin en a gagné 64 : 13 477 contre 13 413 ; les petites communes aux alentours de la cité administrative (Saint-Hilaire, Courgeon) en auraient profité ?
«Globalement, l’accroissement de la population dans les communes périphériques tend à compenser la diminution observée dans les villes-centres. C’est un phénomène qu’on observe partout et qui se vérifie dans le bassin de Mortagne.»
Pour l’élu que vous êtes, la dimension communautaire est-elle plus importante que la dimension communale ?
«Ce qui a du sens aujourd’hui, c’est le bassin de vie, cet espace de solidarité naturel au sein duquel s’organisent les mouvements de notre vie quotidienne. Il correspond au territoire de la Communauté de communes. Nous travaillons actuellement à l’élaboration d’un Plan local d’urbanisme intercommunal qui va traduire cette réalité et qui va nous permettre d’organiser le développement de notre territoire à moyen/long terme.»
Le Perche ornais a gagné 1 359 habitants en dix ans. Comment peut-on analyser cette hausse ?
«Le Perche est effectivement un territoire dynamique, qui profite à plein du regain d’attractivité du monde rural. Il le doit à la fois à la proximité de la région parisienne, à sa qualité de vie aujourd’hui très prisée et aux efforts qui ont été faits depuis plusieurs années en matière d’équipements. Je suis persuadé que les nouvelles technologies vont offrir au monde rural, de manière générale, et au Perche, en particulier, des perspectives très prometteuses pour les années à venir. Elles vont rendre accessible le rêve de beaucoup de pouvoir vivre et travailler à la campagne. À nous de continuer à œuvrer pour en tirer le meilleur parti.»
A.E.H.