
La culture bio gagne dans le Perche.
La semaine dernière le préfet Joël Bouchité continuait sa découverte du département à Bretoncelles.
A l’invitation de la Confédération Paysanne il a visité le GAEC de la Noue Marion où sur 4 hectares Sylvain Laigniez et Alexandre Dobosz produisent en maraîchage bio.
Une petite structure exemplaire qui pourtant reste défavorisée face aux grosses exploitations peu créatrices d’emploi et de valeur ajoutée.
Et cela commence dès l’installation où il est très difficile de trouver de petites parcelles de bonne terre agricole. «C’est un agriculteur bio, Christophe Lecuyer, qui a accepté de nous laisser deux hectares au début et quatre maintenant. Cela nous permet de produire environ 50 tonnes de légumes et fruits par an», expliquent les deux associés qui ont également créé un emploi à temps partiel.
«Nous vendons 130 paniers chaque semaine via les AMAP, sur le marché de La Ferté-Vidame et à l’épicerie à la ferme La Féverole à Bretoncelles. Au début notre chiffre d’affaire était de 50 000 euros, aujourd’hui il est de 100 000 euros et toujours en progression», poursuivent Sylvain Laigniez et Alexandre Dobosz. Avec un investissement de 80 000 euros et grâce aux aides, ils ont pu dégager un salaire dès la première année et se constituer une clientèle.
Des aides
discriminatoires
«Le problème est que le système actuel des aides à l’agriculture favorise davantage les gros projets qui sont pourtant moins créateurs d’emploi et au final moins rentables et moins bons pour l’environnement», souligne Claude Bacle, représentant de la Confédération Paysanne et agriculteur à Bretoncelles. «Les critères à l’installation ne sont pas les bons. Tous comme ceux pour les aides dont les petits producteurs sont exclus au profit des grosses structures.»
La région Basse-Normandie perd ainsi 23 exploitations chaque année, soit plus d’un millier d’emplois. Alors que d’un autre côté 1 200 familles sont en demande de paniers dans des AMAP uniquement pour Caen et sa périphérie. «Je suis sensible à vos arguments pour dire qu’il faut rester ouvert au plus grand nombre de critères pour l’obtention d’aides, en particulier lorsqu’il s’agit de productions de qualité comme ici», reconnaît le préfet.
«En matière d’aides aux jeunes agriculteurs, le fait d’être jeune ne suffit pas et il faut apporter quelque chose en plus, la qualité du produit, le respect de l’environnement. Merci de m’avoir montré, à moi qui viens du Sud, comment à Bretoncelles on peut produire sur une petite échelle créatrice d’emplois et qualitative», conclut Joël Bouchité qui s’est engagé à transmettre les demandes de la Confédération Paysanne.