Saint-Cyr-la-Rosière. Emile Garnier : du bâtiment à l'animation

C'EST le hasard qui l'a conduit à l'écomusée du Perche, à Saint-Cyr-la-Rosière. Et parfois le hasard fait bien les choses. À la recherche d'un travail, Émile....

Publication : 24/11/2011 à 15:26


Emile Garnier anime des ateliers sur le four à bois, le plessage et l'habitat.

Emile Garnier anime des ateliers sur le four à bois, le plessage et l'habitat.


C’EST le hasard qui l’a conduit à l’écomusée du Perche, à Saint-Cyr-la-Rosière. Et parfois le hasard fait bien les choses. À la recherche d’un travail, Émile Garnier, professionnel du bâtiment, a frappé à la porte du site sous les conseils de l’AIFR (action insertion familles rurales) de Bellême. C’était il y a dix-sept ans. Et depuis, pas un regret, au contraire.
«Au début je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire ici, sourit Émile Garnier. La directrice, Evelyne Wander, m’a expliqué que je devrais faire des travaux d’entretien et des animations sur le four à pain, le plessage et l’habitat».
Ecouter les anciens
Originaire de Mantes-la-Jolie, c’est en compagnie de ses parents qu’il découvre le Perche lors des vacances scolaires. Puis lors de ses déplacements professionnels. Ouvrier du bâtiment, il se retrouve un jour sans travail. Et c’est le début d’une nouvelle aventure. D’une nouvelle vie. «Je n’ai aucun regret, confie le soixantenaire. C’est un enrichissement permanent.»
Afin d’effectuer les tâches qui lui sont confiées, Émile suit plusieurs formations dont le Bafa en 2000. Il a alors cinquante ans. «C’était nécessaire pour mes activités à l’extérieur du site. Cela m’a permis d’être plus à l’aise avec les touts petits. Savoir quelles animations mettre en place.» D’autres formations s’enchaînent, comme celle sur l’habitat à l’école d’Avignon. Mais c’est auprès des anciens qu’Émile apprend le plus. «Pour le four à pain, j’ai rencontré des boulangers et des meuniers. Idem pour le plessage. On ne peut pas tout apprendre dans les livres : les anciens connaissent beaucoup de choses, des astuces apprises avec le temps. Leur expérience doit être respectée et surtout mise en pratique».
Transmettre un savoir-faire
Le public de ses ateliers n’a pas de limite d’âge, «j’ai accueilli un jour un jeune grand-père de 99 ans qui voulait apprendre à cuire le pain en compagnie de ses petits enfants. Surtout, il voulait leur montrer comment on s’y prenait à son époque». Des rencontres qui toujours ravissent l’animateur. «Pour les stages habitat, on reçoit des Anglais, des Américains ou des Allemands. Ils s’intéressent beaucoup aux traditions françaises. Les gens sont de plus en plus à la recherche d’un savoir-faire durable et écologique. Ce qui est intéressant pour nous, c’est quand il y a un retour. Quand nous voyons que nos stages ont été utiles.» Les personnes ainsi formées en formeront d’autres à leur tour : le savoir se diffuse et c’est ainsi que les traditions perdurent…
Au travail en souriant…
Toute l’année, Émile Garnier reçoit entre 1 200 et 1 300 personnes. Entre les stages et les animations, pas le temps de s’ennuyer. De plus, il doit aussi entretenir ci et là les bâtiments et faire des petits travaux de plomberie et d’électricité. Autant dire que son planning ne désemplit pas. Mais pas question de se plaindre : «tous les matins je viens au travail en souriant. C’est important. Toute l’équipe est sympathique et solidaire.» 
En 2013, l’heure de retraite approchera à grands pas. Même s’il n’y pense pas déjà, il se demande s’il sera remplacé et s’il pourra à son tour transmettre ce qu’il a appris. Car c’est ainsi que les traditions perdurent…
N.L.



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