
François Fillon était invité à présenter sa politique agricole au Carré du Perche.
« Mon cher François… » C’est très amicalement que Jean-Claude Lenoir, député-maire de Mortagne a accueilli François Fillon, Premier ministre, au Carré du Perche vendredi dernier. « Une visite consacrée à l’agriculture au cours de laquelle j’affiche ma confiance et ma détermination. Je suis très fier de recevoir le Premier ministre car cela fait 35 ans que Mortagne n’en avait pas accueilli. »
Groupes de travail
Devant une salle comble d’invités triés sur le volet qui l’ont accueilli sous des applaudissements nourris, François Fillon a pris la parole afin de présenter la politique du gouvernement concernant le monde agricole « qui traverse des temps difficiles».
Soucieux de considérer les agriculteurs comme des entrepreneurs, il entend convaincre du bien-fondé des directions prises et de celles à venir.
Pour résoudre durablement les problèmes de la filière, il faut selon lui aller plus loin que les aides exceptionnelles. « Trois groupes de travail ont été mis en place par le ministre de l’Agriculture pour étudier : les relations commerciales au sein des filières de fruits et légumes ; la compétitivité économique ; la régulation des marchés».
Il précise : « défendre notre agriculture, c’est lui donner les moyens de conquérir sa rentabilité, c’est mettre à sa disposition les outils nécessaires à sa compétitivité… La contractualisation doit être la règle pour sécuriser les prix et les volumes des productions. »
Une agriculture moderne
Un à un, le Premier ministre rappelle ce qui a déjà été émis en place : accru du rôle de l’observatoire des prix et des marges, renfort du poids des organisations professionnelles, simplification des procédures et relèvement des seuils pour les installations classées pour la protection de l’environnement, en particulier pour l’élevage laitier. En retour, il attend des producteurs qu’ils « répondent aux attentes du consommateur».
À ses yeux, l’agriculture française a des atouts, « à condition d’être une agriculture moderne, à condition de produire plus et mieux».
Un plan d’action
Concernant la spéculation des marchés et la volatilité des prix, il précise qu’un plan d’action a été adopté par le G20 : « il n’est pas acceptable que les produits agricoles deviennent des variables de produits financiers complexes, tournés vers la seule recherche de rentabilités à très court terme».
Une recherche d’équité qui se retrouve dans les négociations internationales « car il n’est pas raisonnable que nous ouvrions nos frontières à des produits qui ne sont pas soumis aux mêmes normes environnementales et sanitaires que celles qui s’imposent en Europe».
Tel est le message transmis par le Premier Ministre, un message de « confiance et de responsabilité ». Sans oublier un petit mot au sujet du plan de rigueur dévoilé dernièrement, « car l’heure n’est pas au relâchement. Ailleurs le vent de la contestation souffle mais dans notre pays le bon sens l’emporte… Si notre nation assume la crise et ses conséquences avec tant de cran et de réalisme, je crois que c’est parce qu’elle a déjà changé en profondeur».
N. L.