Neufchâtel-en-Saosnois. Maison du sabot : allez-y de pied ferme !

IMAGINEZ la vie dans les campagnes au début du XX ème siècle. Tout le monde porte des sabots, les hommes vivent du bois des forêts, les vêtements, en toile ou....

Dernière mise à jour : 22/01/2014 à 17:46


Robert Doguet s'amuse toujours de ces sabots insolites, comme ceux-ci, conçus pour éboguer les châtaignes.
Robert Doguet s'amuse toujours de ces sabots insolites, comme ceux-ci, conçus pour éboguer les châtaignes.
IMAGINEZ la vie dans les campagnes au début du XX ème siècle. Tout le monde porte des sabots, les hommes vivent du bois des forêts, les vêtements, en toile ou en dentelle, sont cousus main par les femmes, le maréchal-ferrant, le tonnelier, le cordonnier sont des personnalités locales…
C’est toute la mémoire d’un village que livre la maison du sabot et des métiers d’antan, à Neufchâtel-en-Saosnois, au cœur de la forêt de Perseigne. Fondée en 1989 par Francis Caris, alors maire de la commune, elle est depuis le décès de ce dernier, toujours entretenue par sa femme Jeannine et l’association La Maison du Sabot et des métiers d’antan.
La maison offre en premier lieu une exposition de sabots et d’outils indispensables à leur confection. Robert Doguet, membre de l’association depuis dix ans et guide à ses heures perdues se souvient de l’époque de ces artisans du bois : «Avant la guerre, il n’y avait que des sabotiers à Neufchâtel, ils s’entraidaient avec les gardes-forestiers. Dans le bourg, nous voyions des arbres partout. Il y avait plusieurs sortes de sabots : à bottes, à lanières… Nous nous les faisions faire sur mesure. À partir des années soixante, ça s’est raréfié avec l’arrivée de la galoche».
Insolite
Il y en a un qui pourrait en parler mieux que personne : Roger Marcellin, le dernier sabotier du département en exercice, à La Ferté-Bernard. 
Tous les sabots exposés à la maison sont les siens. Certains sont insolites, comme le sabot du braconnier, qui est fabriqué à l’envers afin que les traces de pas soient inversées, le sabot à éboguer les châtaignes. 
Même la sécurité était prise en compte, preuve que nous n’avons rien inventé, avec les sabots de sécurité de l’ardoisier. D’autres sont particulièrement raffinés : «on les faisait soit à la machine, soit à la main, ça ne rendait pas la même finition», explique Robert Doguet.
Comme à l’époque
Outre ce métier tombé en désuétude, la maison fait la lumière sur tous les métiers d’antan : cordonnier, menuisier, maréchal-ferrant, charron, tonnelier, bourrelier, bûcheron, filetière… Les ateliers ont été reconstitués et des témoignages d’anciens artisans ont été restitués sur une vidéo. Tout cela grâce à des bénévoles qui ont fait dons du matériel qu’ils possédaient et qu’ils continuent d’entretenir.
Aussi efficace qu’une machine à remonter dans le temps…
Pratique : La Maison du Sabot et des métiers d’antan est ouverte les dimanches et jours fériés de 15 h à 18 h 30 de mai à septembre. Entrée gratuite. S’adresser aux commerçants pour la visite en dehors des jours d’ouverture. Pour les groupes, penser à réserver au 02 43 97 75 54 ou 02 43 33 53 55. 
À noter : la fête du sabot et un vide-greniers auront lieu dimanche 2 octobre. Restauration sur place, à la manière de l’époque.
A-S.Blot



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