
Maurice Jouault collectionne les oeuvres d'art religieux depuis cinquante ans.
ON DIRAIT le sous-sol d’un antiquaire. Les œuvres se disputent le moindre emplacement de libre. Par terre, accrochées au mur, sur des supports, elles ont envahi le sous-sol de sa maison. Maurice Jouault est collectionneur. Sa passion : l’art religieux. Icônes en verre, retables, triptyques, statues… Environ 300 pièces recueillies au fil des années, en provenance de Russie, Pologne, Moldavie, Égypte, Haïti ou encore du Mexique.
De quoi donner le tournis au visiteur.
Église ou chapelle
Avant de s’installer à Saint-Cosme-en-Vairais il y a de ça quatre ans, Maurice Jouault habitait le sud de la France où il a participé à de nombreuses expositions. Revenu pour se rapprocher de sa famille, il cherche aujourd’hui un lieu susceptible d’accueillir son envahissante collection. «J’aimerai acheter une église ou une chapelle désaffectée d’environ 200 m2, explique le retraité âgé de 72 ans. Ou tout autre lieu qu’une municipalité mettrait à ma disposition afin de créer un musée d’art religieux.» Sa passion a débuté il y a cinquante ans, lors d’un voyage en Roumanie, pays dont son épouse est originaire. «J’ai trouvé une icône en verre et ce fut le coup de cœur. J’admire le travail de l’artiste, souvent un moine, en communion avec sa foi qui pouvait passer cinq jours sans manger pour mener à bien son projet… Il ne reste que très peu d’icônes sur verre originales en Roumanie, environ 500. J’en possède 180, dont des copies, ainsi que des icônes sur bois et sur argent».
Passionné et curieux, Maurice Jouault s’est intéressé à cet art et cette culture à travers de nombreuses lectures. Un petit mot de sa main accompagne chaque œuvre afin d’en préciser l’origine, l’histoire et la technique. Ludique et pédagogique, son exposition séduit petits et grands. Et être croyant n’est pas une obligation pour apprécier le talent des artistes chrétiens, juifs ou musulmans ainsi mis en valeur.
Des peintures roumaines
Hormis cette collection, l’ancien facteur a soutenu pendant de nombreuses années des peintres roumains désireux d’exposer en France. En retour, ils le payaient en lui offrant un tableau. Des toiles accrochées chez lui, surprenantes, lumineuses, représentant plusieurs décennies de l’art roumain.
Maurice Jouault aime l’art et les artistes. Autodidacte, il s’est créé son petit musée. Il connaît chaque pièce, «comme cette icône russe du visage de Korsum, datant de 1 600 ou encore cette bible en slavon du 15e siècle sur un parchemin de mouton… J’ai toujours du mal à résister devant une belle pièce mais je me freine maintenant.»
N.L.
Contact : Maurice Jouault, 06 68 99 66 45