
Anne Pasternicki vient de commencer le dressage de Faya, jeune chiot de cinq mois.
À CÔTÉ D’ELLE, un jeune chiot de cinq mois et demi : Faya. Plein d’énergie, de joie de vivre, l’animal déborde d’enthousiasme. Cela fait déjà trois mois qu’il est “au travail”. C’est-à-dire qu’il s’entraîne pour la recherche utilitaire. Une discipline reconnue par la Société centrale canine mais peu représentée dans les clubs.
La maîtresse de Faya, Anne Pasternicki, habite Bretoncelles. La recherche utilitaire, elle la pratique depuis une dizaine d’années. Plus qu’un loisir, une passion. Après avoir également exercé le mordant et l’agilité, elle s’est définitivement tournée vers cette discipline si particulière.
«J’ai commencé en 1975 à faire du dressage, surtout du mordant car j’avais un chien qui mordait et je n’aimais pas cela, explique Anne. J’ai alors découvert une nouvelle relation, intéressante, avec le chien. Puis j’ai fait de la piste. Et puis au fil des rencontres, j’ai eu connaissance de la recherche utilitaire. Un vrai coup de foudre ! Cela requiert et créé aussi une réelle complicité avec l’animal».
Etre en bonne forme
Cette discipline met l’olfaction du chien dans toutes les situations possibles (topographiques, météorologiques et temporelles). Vent de face, de côté et même de dos : le chien doit pouvoir suivre une piste. Ténacité et persévérance sont des qualités recherchées. Mais tous les chiens peuvent pratiquer la recherche utilitaire. Et de même, quiconque peut être “conducteur”. À condition d’être en bonne forme physique (il faut pouvoir suivre le chien lancé sur une piste…) et être disponible. «C’est en effet une discipline qui ne peut se pratiquer seul : pour s’entraîner et progresser, chacun nécessite l’aide des autres. C’est donc exigeant mais extrêmement convivial».
N’ayant pas trouvé de club dans l’Orne pouvant l’accueillir, Anne Pasternicki continue de s’entraîner avec ses collègues du club de Hanche (Eure et Loir). Pour l’heure, elle n’a pas repris la compétition (même si elle sera présente au championnat de France les 9 et 10 avril en Lorraine). Après avoir perdu son chien, Cookie, récemment, elle repart avec Faya pour une nouvelle aventure.
Travail d’équipe
«Il faut faire confiance à son chien, savoir aussi le comprendre. Lire en lui. Il est le nez. En travaillant avec lui, on développe son sens de l’initiative. Quand il est sur une piste, il ne faut pas lui donner d’ordre, ce qui est très dur. On peut avoir des sensations, des impressions, mais il faut lui faire confiance avant tout. D’où l’importance de comprendre ce qu’il essaie de nous dire ou ce qu’il est en train de faire… Mon rôle, celui du conducteur, est de le suivre, au besoin l’aider mais en faisant très attention».
Un vrai travail d’équipe, teinté de respect et de compréhension mutuelle.
Après plusieurs années d’entraînement et d’épreuves (et avoir prouvé ses compétences), le chien et son maître peuvent être appelés pour retrouver des personnes disparues.
A la recherche d’enfants
C’est arrivé à plusieurs reprises à Anne, dans les Yvelines où elle était domiciliée auparavant. «Avec mon premier chien, nous avons pu retrouver plusieurs enfants, dont un petit garçon parti avec son sac. Tango s’est arrêté net à l’abri bus : on a compris que l’enfant était monté dans le car et on l’a retrouvé en bout de ligne». Anne se souvient aussi de cette petite fille handicapée disparue du domicile de ses parents. «Mon chien s’est assis dans le garage et ne voulait plus bouger. Le père a commencé à rouspéter, expliquant qu’il était logique que l’odeur de sa fille soit là. Moi je ne comprenais plus. Heureusement, un pompier a été plus malin : la petite fille était montée dans la voiture avant que cette dernière ne soit conduite au garage le matin même ! Et on a retrouvé l’enfant au garage, la voiture était en plein soleil mais on est arrivé à temps». Une expérience qui a fait prendre conscience à Anne de ne plus être seule dans ce type de recherche, «je n’ai pas compris ce que mon chien voulait me dire, je m’en suis longtemps voulu. Un autre regard est important». De plus, si la piste se perd (voiture, route…), il faut donner un élément positif au chien, «on dépose alors un objet pour que le chien trouve tout de même quelque chose».
N.L.