
Elèves, enseignants et élus ont manifesté lundi devant les grilles de la sous-préfecture.
Manque d’attractivité pour le rectorat, raisons purement comptables pour les syndicats. L’annonce de l’éventuelle fermeture du CAP ébénisterie du lycée professionnel de Mamers fait couler l’encre et déclenche les débats. À l’approche de la diffusion de la nouvelle carte scolaire, certains en font déjà les frais…
8 élèves en 2e année
Cette proposition a été émise en décembre à l’occasion du conseil académique de l’éducation nationale qui réunit des représentants du conseil régional, des syndicats d’enseignants et des parents d’élèves. «24 personnes sur les 25 présentes ont voté contre ce projet mais le recteur, Gérald Chaix, est resté sur ses positions» confie Sylvain Petit, professeur d’ébénisterie et délégué CGT éducation action, soutenu par sa collègue Catherine Jaunet, professeur de maths-sciences et déléguée Snuep-Fsu.
Le recteur invoque donc le manque d’attractivité de cette filière : seulement 8 élèves en 2e année. «Une exception» selon le professeur qui rappelle que cette section, crée dans les années 1985, a passé sa capacité d’accueil de 12 à 15 élèves et surtout «¼le taux de remplissage de la 1e année en septembre n’a jamais été inférieure à 73 % et est de 93,3 % pour cette rentrée¼». Et puis le CAP ébénisterie, qui offre de réelles opportunités d’emplois, n’est proposé ailleurs dans le département qu’à Sablé-sur-Sarthe.
Filières appauvries
Pour Sylvain Petit, il s’agit avant tout de supprimer des postes. «Jusqu’à maintenant, seules les deux premières années du bac pro technicien d’usinage, qui a remplacé le BEP métiers de la productique, étaient enseignées à Mamers. L’ouverture d’une 3e année est prévue en septembre». Et qui dit nouvelle section dit postes supplémentaires. Et ce n’est pas vraiment dans l’air du temps… «On enlève d’un côté pour remettre de l’autre» résume le syndicaliste.
Devant une telle situation, enseignants, parents d’élèves et élèves, «qui vivent très mal la situation car ne comprennent pas» ont décidé d’agir. Samedi, certains d’entre eux se sont retrouvés devant Saugonna, exprimer leur déception à l’occasion de la venue du Premier ministre François Fillon à Mamers.
«Si on perd cette filière, il ne restera que le CAP menuiserie qui est avant tout une formation d’insertion ne permettant pas la poursuite d’études supérieures et le bac pro en productique. Un choix restreint. On a aussi les formations en commerce et carrières sanitaires et sociales mais qui intéressent surtout les filles. Il faut diversifier les filières, c’est ce qui fait la force et la richesse d’un territoire».
Si les collégiens sont les premiers concernés, les entreprises locales également : elles perdraient là des stagiaires formés sur le terrain, par leurs soins. Laisser partir ses jeunes se former loin avec le risque de ne pas les voir revenir n’est pas synonyme de développement, au contraire…
N.L.
PS : la commission technique paritaire académique donnera sa réponse vendredi 14 janvier. En attendant, un préavis de grève est lancé au lycée professionnel.
Une pétition circule, qui a déjà reccueilli plus de 800 signatures.
Ce projet de suppression est complètement débile.
On manque cruellement d’artisans spécialisés dans cette région et on va pénaliser des jeunes qui ont un projet, alors qu’il y en a tellement qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire.
Il faut avoir un but dans la vie et c’est une chance pour cette région d’avoir des ados motivés.
Ce n’est pas en pondant de telles idées absurdes que l’on va créer des emplois et relancer une région qui s’endort et qui finira maison de retraite. Que vont-ils supprimer après ça ?
Je me demande combien ces “grands décideurs” sont payés pour prendre de telles décision.