
Jean-Yves Chartier a décroché cinq titres mondiaux avec ses perruches
Chaque jour, il vient les voir, les nourrir, nettoyer leurs volières. Et ce depuis 34 ans. Jean-Yves Chartier adore ses perruches. Une passion née à l’occasion d’une exposition à Nogent-le-Rotrou en 1976. «¼Le virus m’a pris et ne m’a plus quitté¼» explique-t-il simplement. «¼J’ai commencé avec des canaris et des mandarins. Le basic quoi. Aujourd’hui, je n’ai que des perruches¼». Ce qu’il aime : leurs couleurs, leur chant… Et leur indépendance. «¼Je ne cherche pas à les apprivoiser. D’ailleurs, il n’y en a pas dans ma maison. Je les élève pour la reproduction et les concours.¼» Et des concours, Jean-Yves en a fait. Le premier remonte à 1980 à Vendôme. En 1982, il devient champion avec l’association ornithologique Beaucé Perche. Puis en 1985, il fonde avec quelques amis éleveurs comme lui sa propre association : les amis des oiseaux d’Eure et Loir.
80 perruches
«¼J’ai fait régulièrement des concours jusqu’au début des années 1990 puis j’ai arrêté à cause de mon travail¼». Mais le virus revient vite et en 1997 il participe au Mondial à Reims et remporte la médaille d’or !
Longtemps responsable animalerie dans une jardinerie, Jean-Yves Chartier vient de créer son entreprise comme dessinateur en bâtiment. Non loin de son bureau, ses 44 volières installées dans le jardin qui abritent entre 70 et 80 perruches. Il y passe environ 1 h 30 par jour et deux matinées par week-end.
«¼Il existe en tout 352 races de perruches et perroquets, espèces éteintes comprises mais sans compter les sous-espèces. Mes préférées ? Les perruches splendides et royales. Elles ont des couleurs magnifiques¼».
Pour l’élevage, Jean-Yves préfère ne pas les apprivoiser (même s’il leur donne parfois un surnom affectueux) : «¼il est rare qu’une perruche apprivoisée se reproduise ou alors elle devient agressive vis-à-vis de l’homme. Moi, je préfère que les oiseaux soient élevés par leurs parents.¼»
Des mutations
Graines germées, pollen, pâte à l’œuf et carottes… Voilà le repas de ces becs crochus, et ce une fois par jour. «¼Pas de vitamine et juste un vermifuge deux fois par an… Et quand je rentre d’un concours, je place mes oiseaux en quarantaine pour éviter toute contamination éventuelle. J’ai été échaudé une fois, j’ai compris».
Ce qui passionne également notre éleveur : la génétique. «¼On obtient de la mutation, avec de nouvelles couleurs et on essaie ensuite des les garder. Dans les concours, il y a une catégorie mutation ou sauvage. Cependant, l’ordinaire reste plus beau à mon goût¼».
C’est le temps de la parade en ce moment : les mâles font les beaux et chantent afin d’impressionner leurs belles. Jean-Yves a installé les nids et dans peu de temps ils accueilleront entre 3 et 5 œufs. «La femelle couve durant 18 à 21 jours tandis que le mâle la nourrit… Les oisillons seront bagués au bout d’une semaine, c’est obligatoire pour les concours¼».
La meilleure qualité d’un éleveur ? Son sens de l’observation, «¼c’est impératif pour déceler si l’oiseau va bien ou non, s’il n’est pas malade. Il faut tout le temps surveiller¼».
N.L.