LE TROUPEAU des chèvres des fossés doit sa survie à une poignée d’amateurs et de professionnels soucieux de préserver cette race rustique.
Aujourd’hui, le cheptel national composé d’environ cinq cents têtes, sans connaître un véritable regain d’intérêt, retrouve, en partie, auprès de ses propriétaires, sa vocation première. Véritable débroussailleuse écologique, ce caprin n’est pas élevé pour le folklore ou pour faire beau dans le paysage.
Cette race commune du Grand Ouest connue aussi bien en Bretagne, qu’en Normandie et dans les Pays de la Loire a une réelle utilité, dans la préservation et la mise en valeur des sites.
Conscient de son importance et du travail qu’elle peut fournir, le conservatoire fédératif des espaces naturels de Basse-Normandie a fait de la chèvre des fossés un atout maître pour ses missions auprès des collectivités et des particuliers.
Un troupeau ¬
de 120 chèvres
Samuel Vigot, technicien au conservatoire gère ainsi le plus important troupeau de chèvres des fossés de l’Ouest de la France, soit 120, sans compter la vingtaine de moutons Solognot dont il s’occupe également. «Chèvres et moutons nous permettent de maintenir et de restaurer les habitats naturels» explique le berger de l’association qui chaque semaine fait le tour du “propriétaire” afin de voir si tout fonctionne normalement.
Vendredi de la semaine dernière, il est passé par le coteau de la Bandonnière à Longny-au-Perche. Ce site de référence, dans le cœur du parc du Perche est un véritable paradis pour les chèvres des fossés, pardon les boucs des fossés. «Ici, nous avons 5 hectares paturés à gérer».
Libres, les animaux vont et viennent à leur guise. Ils n’ont aucune contrainte et surtout disposent d’un espace que beaucoup pourraient leur envier. «C’est un lieu royal» souligne tout sourire Samuel Vigot. Et puis, pas question de parler de rentabilité.
Au “piquet” dans le Perche
L’important est de bien nettoyer le lieu. «¼On peut comparer le mouton à une tondeuse et la chèvre à une débroussailleuse¼» comme le constate le “patron” des lieux, tout en caressant une de ses bêtes, le travail est irréprochable. Avec les chèvres des fossés, l’association fait d’une pierre deux coups. «Tout en préservant une race locale menacée, nous protégeons et mettons en valeur un lieu, sans utiliser, un engin mécanique». Autre atout de ces chèvres, elles travaillent par tous les temps.
Qu’il pleuve, qu’il neige, rien ne les arrête. L’hiver dernier, malgré les dizaines de centimètres d’épaisseur de neige, elles étaient toutes dehors, à la tâche. Un personnel rentable qui ne pose aucune question. Dans le Perche, le conservatoire a mis au “piquet” ces caprins sur plusieurs sites. C’est le cas du côté de Feing, Bellême.

Boucs et chèvres des fossés ont leur utilité dans la protection des espaces naturels.