
Le cidre fermier "maison" de Jean-François Leroux a été récompensé à plusieurs reprises.
JEAN-FRANÇOIS LEROUX n’est pas connu que pour ses talents de musicien. Son cidre aussi régale les palais avertis. Dans sa fermette à Boissy-Maugis, la tête d’affiche du groupe Tradart croque à pleines dents le fruit défendu.
À tel point qu’il envisage, d’ici trois à quatre ans, de quitter son emploi d’infirmier à l’hôpital de Nogent-le-Rotrou afin de se consacrer, à ce qui fut, à ses débuts, son “violon d’Ingre” : le cidre.
Pétillant
Il n’en est pas encore là, mais l’idée germe. Un changement radical de vie.
Pas vraiment. Un peu comme Obélix, lui n’est pas tombé dans un chaudron de potion magique mais dans un fût de “champagne de pommes”, dès son enfance.
Ce virus pétillant lui a été transmis par son père.«Je faisais régulièrement les campagnes avec lui».
Alors lorsque, adulte, l’occasion s’est présentée, il a commencé à planter des pommiers et à “distiller” pour sa consommation personnelle avant de se lancer dans la commercialisation.
Un trésor de “guerre”
Petit à petit, l’homme s’est constitué un “trésor de guerre” avec des variétés locales, une bonne trentaine dont les plus emblématiques du Perche : la Doux Normandie et la Tardive de la Sarthe. «Je plante et je greffe, moi-même». Hautes tiges, basse tiges, au total il dispose de quatre hectares de pommiers, soit plus de six cents arbres.
Pas suffisant pour en vivre pleinement mais assez pour se faire remarquer dans le milieu, et décrocher des médailles d’or dans des concours renommés.
Dans les meilleurs de France
Le dernier en date : le concours de la Saint-Jean à Bellême. Le must dans ce domaine. Il rassemble toute la fine fleur du cidre Normand. Et surtout les produits sélectionnés sont testés par des professionnels. «Ce sont des gens qui en ont sous le palais» comme le reconnaît avec une certaine fierté ce producteur. «Cette médaille d’or, c’est la cerise sur le gâteau. J’ai décroché la timbale. C’est une superbe récompense». Aujourd’hui sa production fait partie des meilleures de France.
L’aboutissement de plusieurs années de travail. Aux yeux du lauréat, cette distinction n’est pas une fin en soi. «Comme pour le vin, le cidre peut connaître de mauvaises années. Je me dois m’efforcer de maintenir la qualité de ma production». Alors, pas question de prendre la grosse tête et de rester planter sous le même arbre à attendre que les pommes tombent.
Etre reconnu
Au contraire, Jean-François y voit une confirmation : que le cidre du Perche a toute sa place au milieu des autres bouteilles régionales comme la Bretagne. «Dans le Perche, nous avons la technologie, le savoir-faire, mais nous ne sommes pas assez connus et notre cidre a une véritable typicité». C’est pourquoi, il espère qu’un jour, le Perche décrochera la fameuse AOC. «C’est important pour l’avenir de la production»
Ses clients : les restaurateurs, charcutiers traiteurs et les particuliers qui connaissent son adresse n’y prêtent pas réellement attention. Ils savent qu’en se rendant chez Jean-François Leroux, c’est du sérieux.
La preuve : ses ventes progressent régulièrement. «De ma première commercialisation en 1992 à aujourd’hui, je suis passé de 1 000 à 6 000 bouteilles. Sans oublier le Calva». Cette montée en puissance risque d’être limitée. «Je manque de place et de pommes. Il me faudrait 4,5 hectares de vergers supplémentaires.».